Dian de Ouatanpan / 4e longueur

Dian de Ouatapan

Cotation libre : 6a (5c)
Niveau global : TD
Orientation : Est
Equipement : Correct / Éloigné
Corde : 2 x 50 m
Dégaines : 12
Sangles : 2

Présentation

Le Mont Brion fait partie des montagnes oubliées du Chablais. Pas très élevée (1991 m), elle s’efface dans l’ombre du Mont de Grange et du Pic de Tavaneuse. Mais lorsqu’on remonte le val secret qui conduit au Pas de Savolaire, elle s’impose par sa face Est d’un jet rocheux en forme de pain de sucre. D’une hauteur de 250 m, faite d’une roche caractéristique ( …… ), elle est sillonnée par trois voies toutes véritablement estampillées « aventures » où seules les cordées expérimentées s’y risquent. Une de celles-ci, La Chamois, ouverte du bas en 1972 par Paul Mortier et Jean-Pierre Bernard, évitait les principales difficultés.

Cet été, l’itinéraire de la Chamois a été repris du bas par Jean-Marie Recht et Jean-Pierre Bernard, en modifiant considérablement le tracé. Constatant l’intérêt de ce nouvel itinéraire, la cordée a décidé de l’équiper pour en faire une course classique. Elle a été ouverte après plus de trois journées d’efforts soutenus et porte le nom de Dian de Ouatapan.

Elle se présente comme une course de montagne avec une marche d’approche dans un très beau vallon qui vient buter sur une paroi rocheuse. Dès la première longueur, le ton est donné : ce sera une escalade verticale sur un rocher super-adhérent avec un équipement aéré mais efficace. La présence de vires herbeuses n’est pas gênante mais participe à la notion de course mixte. La verticalité à chaque instant renforce l’idée que l’on se fait d’une paroi, surtout dans le mur sommital. L’arrivée au sommet reste tout aussi symbolique : perché sur une cime rocheuse au cœur d’un océan de montagnes, il vous faudra aborder une descente le long d’une arête effilée au début, devenant progressivement une randonnée pour regagner la vallée au terme d’une journée bien remplie. Oui, une vraie course de montagne !

Mise à jour printemps 2012 : Suite aux premières répétitions de cette voie et aux remarques reçues, nous sommes repartis pour la cinquième fois pour le Brion, chargés comme des mules (13 kg chacun). Partis aux aurores, la nuit commence à tomber alors que nous mettons en place la dernière plaquette. Enfin nous avons essayé de contenter tout le monde avec le rajout d’une vingtaine de goujons et une purge plus élaborée de la voie. Maintenant, la Dian de Ouatapan, devenue adulte, est une très belle course de montagne bénéficiant d’un équipement de qualité  et se déroulant sur un rocher très adhérent avec quelques passages de mixte bien protégés.

Historique & infos équipement

  • 1972 : ouverture du bas de La Chamois par Paul Mortier et Jean-Pierre Bernard
  • Août 2011 : ouverture du bas de la Dian de Ouatapan  par Jean-Marie Recht et Jean-Pierre Bernard
  • Juin 2012 : nouvelle purge et rajout de goujons par les ouvreurs

INFO JUILLET 2022
Un grimpeur a signalé sur le forum de Chablais Grimpe que les relais et les points d’assurage étaient souvent desserrés. Alors si vous prévoyez d’aller faire cette voie prochainement, n’hésitez pas à vous munir d’une clé de 17 mm pour donner un petit coup de serrage au passage. Et si vous le faites, n’oubliez de nous mettre un petit message dans les commentaires en bas de cette page. Les ouvreurs et équipeurs vous remercient !

INFO SEPTEMBRE 2022
Un grand merci à tous ceux qui nous ont fait la voie cet été, qui nous ont fait un feedback et qui ont resserré les plaquettes. Aux dernières nouvelles, il semblerait que l’équipement soit « tout bon ». Mais n’hésitez pas à nous signaler si vous constatez le contraire !

Accès / Marche d'approche

  • A partir du pont, au centre d’Abondance, traverser le village sur la droite
  • Prendre la route de droite  (Charmy l’Envers) qui conduit au lieu-dit Pretairié (1150 m). Parking.
  • Suivre à pied la piste de 4×4 qui mène au chalet d’alpage des Serranants. De là on repère facilement la face est du Mont Brion.
  • Suivre le chemin indiqué pour le passage du col de Savolaire. Sous la face, repérer deux ou trois blocs « immeubles » puis, au-dessus, le pilier de départ de la voie. Il se trouve à l’aplomb d’un immense surplomb perché à mi-paroi (1h15).

Retour / voie de descente

A pied

  • A la sortie de la voie, gagner le cairn sommital à droite (30 m)
  • Continuer votre traversée d’arête effilée sur 50 m. Au moment où elle se transforme en croupe herbeuse, repérer un sapin isolé en contrebas sur la pente de gauche (relais)
  • Du sapin descendre encore 10 m, puis traverser à la hauteur d’un deuxième sapin
  • Continuer votre traversée à l’horizontale sous un gendarme rocheux, regagner l’arête herbeuse puis descendre de 10 m à un groupe de sapins (relais)
  • De là descendre tout droit la pente d’herbe pour gagner l’arête herbeuse et boisée qui conduit au col de Damoz-les-Moulins (1837 m)
  • Vous y retrouverez un sentier versant est qui vous ramènera à l’alpage des Serranants, puis au parking (1h15)

A noter : vous pouvez vous assurer aisément aux sapins.

En rappel

  • Rappels de 50 m en utilisant les relais de montée, mais il faut faire attention car le rocher très agrippant rend les retours de la corde de rappel très laborieux !
  • Pour cette raison la descente par le sommet et le sentier est recommandée

Description détaillée

L1

Pilier vertical en excellent rocher, très adhérent. 5c.

L2

Continuer à monter sur 10 m pour venir buter sur une dalle. Traverser à gauche sur un éperon. Gravir la dalle sur son bord gauche. Relais à la sortie à droite sur la vire. 4a/5c/4b.

L3

Traverser 3 m à droite et surmonter des petits ressauts rocheux entrecoupés de vires. La seule longueur mixte. 4b.

L4

Gravir l’éperon sur son flanc gauche puis sur le fil. Belle escalade sur petites prises. 5a.

L5

Longueur-clé magnifique, débutant par un dièdre profond sur 10 m, puis une traversée plein vide à gauche pour gagner un second dièdre vertical. Le gravir jusqu’à un surplomb, puis sortir sur la face gauche pour gagner une vire-relais. 5c.

L6

Gravir la dalle verticale suivante (6a ou 5c avec 1 point d’aide), puis légèrement à gauche gagner le relais par des murs mixtes protégés. 4b.

L7

Droit au-dessus, un petit dièdre donne accès à une dalle inclinée (5c). Tirer à gauche pour prendre un râteau de chèvre. Le surmonter en tirant à gauche à sa sortie. Gravir le mur vertical qui donne accès à une vire ascendante. (6a ou 5c avec 1 point d’aide). Relais.

L8

Courte longueur de sortie, surmontant des petits murs verticaux successifs coupés de vires (4b). Relais sur l’arête sommitale à gauche.

Les conseils du guide

  • La Dian de Ouatapan  est une grande course (pour le Chablais) sur une paroi verticale avec quelques passages de mixte (herbe)
  • Un équipement adapté favorise une escalade rendue très intéressante par la nature du rocher accrocheur. Justement, afin d’éviter les frottements excessifs, les longueurs sont courtes : de 25 à 30 m (sauf pour L6, 50m), avec un nombre de goujons réduit (8 à 10). Suivant votre niveau, vous pouvez modérer l’exposition des passages en complétant votre sécurité avec des anneaux et des coinceurs.
  • L’arrivée et la descente des arêtes doivent tenir compte des conditions météo en évitant les orages et la pluie. A noter que la face, orientée E, sèche très rapidement.
  • Pour conclure, la Dian de Ouatapan, course de montagne d’un bon niveau (5 c), demande une bonne maîtrise des techniques d’escalade au vu de sa verticalité.
  • Dans le doute, vous pouvez toujours faire appel à un professionnel
  • Merci d’avance pour l’objectivité de vos commentaires