Vol du Korbé / 9e longueur

Le vol du Korbé

Cotation libre : 5b (5b)
Niveau global : D sup.
Orientation : Nord-Ouest
Equipement : Correct / Éloigné
Corde : 2 x 50 m
Dégaines : 10
Sangles : 2

Présentation

Les Terres Maudites dont le sommet, la Tête de Bossetan attire les randonneurs été et hiver s’étire en frontière naturelle au sud-ouest de Morzine.

La paroi Nord offre une barrière rocheuse calcaire qui attire les regards. Depuis des lustres, les alpinistes locaux ont usé leurs semelles sur les dalles de départ, comme les guides Anselme Baud et son père, puis Bruno Richard. D’abord en utilisant les lignes naturelles (fissures, dièdres, cheminées), ils forcèrent dans les années 70 un cheminement jusqu’au sommet. Cette première voie donna le nom à la muraille : la Morzinoise.

A la même époque, la cordée André Nicolin et Jean-Pierre Bernard ouvrent, toujours du bas et dans le même esprit, avec très peu de matériel, trois voies dont le Korbé (en compagnie de Thierry de Beffort) empruntant les grandes dalles.

Après un temps d’oubli, sous l’impulsion de Wahil Saïd, avec des moyens modernes (perforateur) naquit un nouvel itinéraire bien équipé : Les Maudits Bl’héros, qui devint vite classique.

Fin juin 2011, la cordée Jean-Pierre Bernard et Jean-Marie Recht, après deux jours d’équipement du bas, ouvrent Le vol du Korbé (vol du corbeau), une voie directe de toute beauté. Cette voie classée difficile (D) présente des passages continus de niveau 4/5 sur une hauteur de plus de 400 m. Un rocher irréprochable permet une escalade sûre pour franchir des dalles de rêve.

En septembre 2012, la même cordée équipe les longueurs de sortie (traversée et pilier).

Pour la sécurité, ils ont placé plus de 150 goujons en inox pour créer cet itinéraire direct qui, selon les dires des équipeurs, est unique dans cette difficulté pour le Chablais. Un must.

Historique & infos équipement

  • Juin 2011 : ouverture du bas : Jean-Marie Recht / Jean-Pierre Bernard
  • Septembre 2012 : rééquipement partie haute : les mêmes
  • Septembre 2020 : renforcement de l’équipement (ajout de 8 spits) et amélioration de la signalétique pour la traversée dans la partie haute (flèches rouges) : voir détails ici
  • Octobre 2024 : Guillaume Meynet procède au remplacement de 11 relais équipés pour les rappels (R2 R4 R6 R8 R9 R10 R11 R12 R13 R14 R15) . Relais inox 12mm chaînés fournis par l’association Ekiproc

Accès / Marche d'approche

  • De Morzine, prendre la route de la Vallée de la Manche et suivre cette route direction le lac des Mines d’Or
  • A 1 km avant cette destination, dans un virage en épingle, prendre la piste en terre descendante qui conduit au chalet-refuge de Chardonnière (1350 m)
  • Garer votre véhicule correctement
  • De là repérer la dalle de départ de la voie et monter droit par des pentes d’herbe faciles (30 minutes)

Retour / voie de descente

En rappel

  • Si on a décidé de descendre en rappel, il vaut mieux s’arrêter au relais 15 car la suite s’effectue en traversée horizontale, peu commode pour un retour en arrière
  • Seuls les relais de rappels sont équipés de chaînes (50 m), et sont désignés par des points rouges sur le topo. Si on envisage la descente en rappel, bien les repérer à la montée !
  • Pour les autres relais à 2 goujons, il faut prévoir une sangle d’équipement mais tous sont équipés de maillons pour les rappels.

A pied

  • Si on a décidé d’effectuer la voie complète, la sortie n’est pas difficile (4 longueurs en 4a/b, suivies de pentes d’herbe sur 150 m de dénivellation)
  • Pour celles-ci, prévoir des chaussures avec de bonnes semelles et rester encordés sur la première partie (100 m) en s’assurant avec quelques sangles sur les sapins
  • Au début, on suit l’arête sur sa droite, puis la pente vient mourir légèrement à droite dans un couloir mi-herbeux, mi-rocheux (facile)
  • Au sommet du couloir, face à la pente d’herbe, monter en tirant légèrement à droite pour éviter une petite dalle rocheuse sommitale et gagner l’arête de l’Avouille (20 minutes). Suivre le chemin pour revenir au chalet-refuge de Chardonnière, en passant par le col de la Golèse (1 h)

Description détaillée

L1

Dalle compacte verticale avec une fissure-dièdre ascendante droite (4a/5b/4a). La plus dure mais aussi la mieux protégée.

L2

Dalle mixte (herbe-rocher) mais bien équipée (4a/5b/4a). Relais chaîne sur la dalle de gauche.

L3

Dalle tout droit au-dessus du relais, puis à droite (5a). Relais chaîne sur la vire.

L4

Dalle à gauche, puis dièdre-fissure (4a). Relais chaîne.

L5

Continuer dans le dièdre (4a), puis sur la dalle verticale à gauche (4b). Relais sur la vire.

L6

Petite dalle verticale (5b) pour gagner la grande vire (4a). Relais chaîne haut perché.

L7

Suivre la vire à droite sur 10 m, puis gravir un dièdre (4b). Relais à gauche.

L8

Dièdre au-dessus vertical mixte. L’escalader sur la face de droite (5b). Relais sur la vire.

L9

Départ droit au-dessus en tirant légèrement à droite pour gagner une fine vire. Repérer le goujon de départ de la dalle et droit au-dessus jusqu’au dièdre horizontal (4b). Le suivre à droite 5 m. Relais au-dessus sur la dalle suivante (4a).

L10

Tout droit sur une dalle qui devient progressivement noire et viser la chaîne de rappel sous le surplomb (4a). Faire un relais plus confortable après le passage surplombant (5a).

L11

Légèrement à gauche puis droit au-dessus. Attention : repérer les plaquettes (5b). Puis tirer à gauche pour franchir une marche. Tout droit, puis relais chaîne à gauche sous une barre surplombante (4b).

L12

Dalle chapeautée par un petit surplomb (4b) donnant accès à un terrain mixte non déplaisant (4a). Monter droit dans cette dalle. Relais chaîne.

L13

Traverser à gauche dans le dièdre, puis gravir la dalle grise à gauche.

L14

Un pas à gauche, puis droit au-dessus sur une nouvelle dalle (4b). Relais sous une grande marche.

L15

Franchir la marche à droite, puis gagner une fissure à droite. La quitter en pleine dalle sur la gauche pour suivre une fissure verticale (4c). Relais sur la vire.

L16

Traverser vers la gauche 10m sur la marche, puis monter droit (10m) et traverser à gauche sur des dalles faiblement inclinées (4a). Relais.

L17

Continuer à traverser sur la dalle (4a). Relais.

L18

Surmonter un petit mur jaunâtre (4b), puis par des gradins herbeux, arriver au pied de la paroi terminale. 20m. Relais.

L19

Traversée ascendante à droite, puis à gauche par un petit dièdre incliné (4c). Toujours à gauche, gravir des gradins faciles. 20m. Relais à gauche.
Attention: en septembre 2020 nous avons constaté que ce relais avait été démonté. Poursuivre directement vers R20.

L20

Tirer à droite pour gravir un dièdre cheminée (4c). A sa sortie, après quelques gradins, gagner une vire derrière un sapin. 20m. Relais.

Les conseils du guide

  • C’est une course longue non difficile où il faut être capable de grimper efficacement pour tenir les horaires (compter environ 6 heures d’escalade et un horaire total de 9 heures en aller-retour depuis le parking)
  • Le départ depuis le refuge de Chardonnière est le plus avantageux : il permet d’avoir une vue sur la face avec ses surplombs en escalier, de bien visualiser la dalle de départ et surtout, le soir au retour, de déguster au refuge une bonne bière tout en admirant l’itinéraire
  • Pour le niveau : il faut être à l’aise dans le 5b car, sur les dalles, les goujons peuvent être éloignés de 5 m. Pour les deux premières longueurs verticales, l’équipement est plus resserré permettant un départ en douceur (5b ou A0).
  • Pour le cheminement : il faut avoir sur soi le bon topo et repérer les plaquettes à l’avance
  • Certaines longueurs sont courtes (20 à 25 m) : ceci est un choix des équipeurs pour éviter de prendre un stock de dégaines (10 suffisent) ou d’être obligés de grimper ensemble (méthode qui reste toujours aléatoire). Donc pour votre sécurité, ne sautez pas les relais !
  • En cas de problème, il faut bien avoir repéré les chaînes de rappel à la montée et noter que certains rappels font 50 m (et sont pendulaires !)
  • Dans les dalles, l’équipement aéré oblige le grimpeur à une bonne observation des points d’assurage suivants. L’étendue de ces dalles, surtout sous une lumière rasante, peut rendre la lecture de l’itinéraire un peu délicate.
  • Malgré un niveau modeste (5b), l’escalade sur les dalles expose à des chutes de 10 m au moins. C’est pourquoi cette ascension s’adresse à des grimpeurs entraînés, d’où une cotation d’ensemble D sup.
  • N’oubliez pas que cette face est orientée au nord, donc sèche plus difficilement après une période pluvieuse. En cas de pluie, la structure du rocher (dalles et dièdres) canalise l’eau  et peut rendre une retraite problématique. Ainsi, soyez très vigilant vis-à-vis de la météo pour votre sécurité.
  • Au printemps, il faut attendre que les corniches sommitales suspendues sous l’Arête de l’Avouille aient disparu. Par contre, le névé de départ n’est pas gênant car il est toujours possible de le contourner.
  • Pour la beauté de l’ascension et surtout la rapidité du retour, il est conseillé de terminer sur l’Arête de l’Avouille
  • Dans le doute, vous pouvez toujours faire appel à un professionnel